Si je tombe sur toi en appelant, comment te présenterais-tu à moi ?
Je m’appelle Francisco, même si mon prénom surprend souvent pour une femme. Je souris à chaque fois que je l’entends prononcé avec un accent différent. Je suis une brune au regard noisette, avec un corps de femme normale, ni mannequin ni bimbo, mais des courbes dont je prends soin et que j’assume totalement. Ma voix est douce, posée, avec un léger ton caressant qui met vite en confiance. À Nantes, on me connaît plutôt comme la fille qui aime rire trop fort en terrasse et qui s’attarde toujours à regarder les gens passer. Au téléphone, je deviens cette présence chaleureuse et sensuelle qui écoute vraiment. Je suis patiente, attentive, un peu taquine aussi. J’aime quand un homme commence tout timide et qu’au fil de la conversation, je sens qu’il se détend, qu’il ose me dire ce qu’il n’avoue à personne. C’est à ce moment-là que je me dis qu’il est vraiment tombé sur la bonne personne.
Comment une femme comme toi s’est retrouvée à faire du téléphone rose pour un public gay ?
À la base, j’ai fait des études de communication, puis j’ai travaillé dans un cabinet de conseil. Tout était très propre, très cadré, trop lisse pour moi. Je passais mes journées à rédiger des mails froids et mes soirées à écouter mes amis me raconter leurs histoires de cœur et de sexe. Je me suis rendu compte que ce que je préférais dans ma vie, c’était ces moments où quelqu’un se confiait vraiment, sans filtre. Un jour, je suis tombée sur une annonce pour des hôtesses de téléphone rose. J’ai postulé par curiosité, en me disant que ma voix et mon écoute pourraient servir à autre chose qu’aux réunions Teams. Très vite, je me suis rendu compte que j’attirais beaucoup d’hommes gays, parfois très jeunes, parfois mariés, parfois perdus. J’ai eu envie de leur offrir un espace sûr, sans jugement. Aujourd’hui, quand un homme cherche un téléphone rose gay, il peut tomber sur moi… et je fais en sorte qu’il ne le regrette pas.
Qu’est-ce qui t’excite le plus dans tes échanges avec les hommes au tel rose ?
Ce qui m’excite le plus, ce n’est pas forcément ce qu’ils me décrivent, mais la manière dont ils me le disent. J’adore sentir une voix qui tremble un peu au début, puis qui se fait plus grave, plus assurée, quand il voit que je le suis vraiment dans ses fantasmes. Certains ferment la porte de leur bureau, d’autres s’isolent dans leur voiture, d’autres encore m’appellent la nuit, allongés dans le noir. J’aime jouer avec les silences, avec mon souffle, avec quelques mots choisis qui les font réagir. Je leur pose des questions, je les guide, je les taquine quand ils se retiennent. Mon plaisir, c’est de sentir que grâce à ma voix, ils se lâchent, qu’ils osent aller au bout de ce qu’ils imaginent. Le tel rose, pour moi, c’est un terrain de jeu où l’on mélange confidences, fantasmes et émotion, et ça peut devenir très intense sans que je ne touche personne physiquement.
Tu parlais d’escapade en bord de mer… Raconte-nous une de ces histoires qui te restent en tête quand tu prends un appel.
Il y a une soirée que je ne peux pas oublier. C’était l’été, près de la mer, pas très loin de Nantes. J’étais avec un ami, officiellement “juste ami”, mais on savait tous les deux que la frontière était floue. On s’est promenés tard, la plage presque vide, le vent chaud, le son des vagues. On a parlé de ses relations, de ses doutes, de ses envies avec les hommes. À un moment, il s’est assis dans le sable, très près de moi, et sa main a effleuré la mienne. Il n’y a pas eu de scène de film, pas de grand geste dramatique, mais ce mélange de désir, de tendresse et de non-dit m’a marquée. Quand aujourd’hui un homme m’appelle pour un appel rose en me parlant de son meilleur ami, de ce collègue qui le trouble ou de ce voisin qui le fait fantasmer, je repense à cette nuit-là. Je sais ce que c’est que d’avoir envie d’aller plus loin, tout en ayant peur de briser quelque chose de précieux.
Concrètement, comment se passent tes journées (et tes nuits) d’hôtesse sur un numéro rose gay ?
Je vis à mon rythme, c’est ce que j’adore. Il y a des moments très calmes où je bois un thé en lisant, en attendant qu’un numéro rose sonne. Puis soudain, tout s’enchaîne : un jeune de 20 ans qui n’a jamais parlé de ses fantasmes à personne, un quadra qui assume, un homme marié qui a besoin de souffler. Je prends chaque appel comme une petite bulle à part. Au début, je rassure, j’écoute, je pose des questions simples. Ensuite, je laisse monter la tension, je joue avec ma voix, je crée un univers rien que pour lui. Beaucoup d’hommes m’ont découverte en cherchant un téléphone rose privé, parce qu’ils avaient besoin d’un espace confidentiel où déposer leurs désirs. Quand je raccroche, je prends toujours quelques secondes pour souffler, sourire, et me dire que j’ai encore partagé quelque chose de très intime, même à distance.
Selon toi, qu’est-ce que viennent vraiment chercher les hommes qui t’appellent ?
Ils viennent chercher bien plus que du simple sexe au téléphone. Ils veulent être désirés, écoutés, validés. Beaucoup me disent qu’ils se sentent invisibles dans leur quotidien, ou au contraire qu’ils jouent un rôle en permanence. Avec moi, ils peuvent être vulnérables, arrogants, timides, dominateurs, romantiques… peu importe, tant que c’est sincère. Certains veulent explorer des scénarios très précis, d’autres ont juste besoin que je les accompagne, que je les guide avec ma voix. Ils aiment quand je leur dis ce que je visualise, ce que j’imagine d’eux, comment je les “vois” à travers le téléphone. Le téléphone rose, c’est aussi une façon de se réconcilier avec son propre désir, sans pression, sans performance. Je crois qu’au fond, ce qu’ils viennent chercher, c’est la sensation d’être pleinement eux-mêmes, pendant quelques minutes volées au reste du monde.
Quel fantasme te fait vibrer toi, Francisco ?
Mon grand fantasme, c’est une rencontre totalement spontanée, avec un homme qui m’aborde sans savoir ce que je fais, juste parce qu’il est attiré par mon énergie. On se croise dans un café, le regard accroche, la conversation s’installe naturellement. Il me parle de sa vie, de ses hésitations, de ce qu’il cache à tout le monde. Et puis, au moment où l’on se quitte, il découvre par hasard que je suis hôtesse de téléphone rose et que je parle chaque jour avec des hommes comme lui. J’adore cette idée de double vie assumée, de reconnexion plus tard, quand il se décide enfin à composer mon numéro. Qu’il soit gay, bi ou simplement curieux, ce qui m’excite, c’est qu’il ose franchir le pas, qu’il m’appelle et qu’il me dise “c’est moi, tu te souviens de ce soir-là ?”. Là, je saurais que le jeu ne fait que commencer.
Un dernier mot pour celui qui hésite encore à appeler ?
Si tu lis cette interview en te demandant si tu dois oser ou non, la réponse est simple : oui. Tu peux rester anonyme, tu peux être discret, tu peux ne rien dévoiler de ta vie si tu n’en as pas envie. Mais tu as le droit de t’offrir ce moment pour toi, juste toi. Au bout du fil, tu trouveras une femme qui connaît bien les désirs masculins, qui respecte tes limites, qui sait jouer avec tes fantasmes sans te juger. Que tu sois seul, en couple, en pleine confusion ou simplement en manque de frissons, je serai là pour t’écouter et t’emmener là où tu as envie d’aller avec ma voix. Alors quand tu te sentiras prêt, compose ce numéro rose… et laisse-moi m’occuper du reste.